J’écris ce billet au risque de me faire lancer des roches. Je me pose la question: Suis-je le seul à me crisser de Joannie Rochette?
Comme vous le savez déjà sans doute, la mère de Joannie Rochette est décédée récemment. Joannie Rochette est une athlète olympique. Elle a décidé de quand même participer aux Olympiques. Elle donnait une performance hier soir en patinage artistique.
Pas que je me fiche éperdument de ce qui peut arriver à Rochette, loin de là. La perte d’un être cher est quelque chose de difficile et on ne rigole pas avec ça. Ce que je veux dire c’est que je ne la connais pas personnellement. Je ne connais pas non plus son parcours professionnel. Je ne vois pas pourquoi son histoire m’atteindrait plus qu’une autre. Pourquoi m’intéresserais-je à elle? Simplement parce que sa mère est décédée et qu’elle fait les Olympiques? Bullshit!
C’est certes une histoire très émouvante et digne d’un film, mais des mères qui décèdent il y en a chaque jour. Pourtant, on n’en parle pas. Des gens qui doivent surmonter des épreuves difficiles il y en a à chaque instant aussi. Où sont-ils? Font-ils la Une du journal? Je ne crois pas.
Il y a plein de gens qui se sont soudainement intéressés à elle seulement grâce à son malheur. J’ai reçu des dizaines de courriels et de messages sur les réseaux sociaux qui disaient de lui envoyer des bonnes ondes, de penser à elle, etc. JE NE LA CONNAIS PAS! Je ne vois pas pourquoi je penserais plus à elle qu’aux Haïtiens ou qu’au petit noir qui crève de faim en Afrique…
// CM
* Le malheur c’est vendeur, mais pas quand c’est couché dans une boîte de carton au coin de la rue. Pas mal moins sexy comme histoire.